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Affichage des articles du septembre 29, 2017

« Riche, on peut se permettre d’avoir tort, et même de l’avouer »

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Bien qu’Edma Bautet-Lebrêche avouât avoir passé la cinquantaine (ce qui était vrai depuis douze ans), elle était juvénilement vêtue d’un tailleur coq de roche et d’un turban blanc, ensemble qui soulignait son extrême minceur, son visage légèrement chevalin aux yeux en amande un peu exorbités, et tout ce qu’elle laissait désigner comme sa «  dégaine princière  ».

«  Vous connaissez Nevers  ? demandait justement le chasseur. Est-ce que vous connaissez la route de Vierzon, quand on va vers la Loire et que…  »
Il s’arrêta, et l’expression un peu hagarde, joyeuse, qui le rajeunissait un peu plus encore, disparut de son visage.
«  J’en arrive… bégaya-t-il comme pour excuser cet air de bonheur, inattendu dans sa profession (car enfin tous ces jeunes gens, quand ils parlaient de leur province, ce n’était jamais que pour se féliciter d’en être parti).
–  Mais c’est très bien, dit-elle en souriant, d’aimer son pays natal. Moi, je suis née à Neuilly, bêtement, dans une clinique qui n’existe même plu…