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Affichage des articles du juillet 29, 2019

Vingt-trois secrets bien gardés, Michel Tremblay

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Cette année (pour nous mais l’an dernier pour nos cousins québécois), Michel Tremblay a choisi de dévoiler Vingt-trois secrets bien gardés.
Ce n’est pas la première fois que l’auteur québécois délaisse sa galerie de personnages le temps d’un recueil  intimiste dans lequel il partage des souvenirs d’enfance et de jeunesse. Le dernier en date était Conversations avec un enfant curieux (2016) que j’avais trouvé savoureux.
Cette fois-ci, je suis bien moins euphorique.

Je ne m’étendrai pas sur les 7 mois qu’il aura fallu au texte pour traverser l’Atlantique. Un décalage, plus que frustrant, que j’ai du mal à m’expliquer compte tenu du rapprochement qui existe entre Leméac et Actes Sud et de l’absence de délai de traduction. Bref...
Le phénomène est bien connu : l’attente décuple le désir. Dès que le livre a été disponible sur les tables des librairies, je m’y suis rué... pour découvrir un opuscule minuscule. (l’assonance est belle, la surprise, beaucoup moins et l’annonce du prix en caiss…

Ils étaient donc si nombreux les gars comme nous autres ?

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Sa carte d’embarquement à la main, il les attend
[…]
Il regarde sa montre.
Puis, il entend son nom. On avait peur de te manquer, on a eu de la misère que le yable à parquer le char. C’est correct, vous avez juste le temps de venir me reconduire à la porte. Y ont pris ta valise ? Oui, papa, y ont enregistré ma valise. Pourvu qu’y la perdent pas. Pourquoi y la perdraient ? On ne sait jamais… Son frère traîne derrière. Il fait celui qui n’est pas concerné. Comme d’habitude. (p. 17)

De grandes feuilles de papier brun glacé d’un côté. Du Scotch tape. Des ciseaux. Maman qui s’applique à plier le papier pour que les rabats soient bien égaux, papa qui sacre – sacre pas comme ça devant le petit ! – parce qu’il n’arrive pas à se débarrasser d’un bout de Scotch tape, lui qui fait ses adieux aux couvertures de couleur avant de passer les livres à maman, surtout à celle du manuel de géographie si belle avec sa mappemonde embossée. […]
Ils sont tous là, étalés sur la table de la salle à manger, uniforme…