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Affichage des articles du novembre 25, 2018

Pense aux pierres sous tes pas, Antoine Wauters

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Un pays, quelque part, qui pourrait tout aussi bien être une contrée de l'ancien bloc de l’est qu’un état d’Afrique, ou que n’importe laquelle des îles de Méditerranée.
Un pays rude, majoritairement rural, aux conditions de vie rudimentaires, sous le joug d’un régime totalitaire depuis des décennies sans que la population n'ait jamais manifesté le moindre signe de rébellion, ni même de résistance.
Dans l’une des régions les plus pauvres et les plus reculées, habitent des jumeaux de douze ans, Marcio et Léonora. À la ferme familiale, Marcio aide son père aux travaux des champs, tandis que Léo seconde sa mère dans les tâches ménagères.
Pour autant, aucun témoignage d’affection, encore moins de reconnaissance de la part des parents. Pire, à la moindre contrariété, s'abat sur les enfants le nerf de bœuf de Paps, père violent, dont les coups pleuvent sous le regard indifférent de Mams, mère soumise, deux êtres usés et abrutis par un labeur qui ne parvient même pas à sortir la …

« La vie, cette horreur délicieuse » 

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[…] tout petits déjà, l'idée d'être nous-mêmes, c'est à dire nous seulement, nous terrorisait. (p. 37)

Pourtant, à l’insu de Paps et Mams, une drôle de langue poussait en nous, en réaction à leur langue à eux, qui rétrécissait tout.
[…]
Et puis, grâce à cette langue, j’avais beau ne pas voir les arpents de terre que Marcio parcourait, serpe à la main, n’avoir vue que sur des piles de linge et des tas de poussière, je savais qu’il était là. Je le sentais. À chaque seconde. Même là, dans l’étroitesse de la cuisine, avec Mams collée à mes basques, il était là. Il respirait en moi et suait avec moi, tant il est vrai qu’on n’avait droit à aucun repos. (pp.35-36)

Je leur en faisais voir de toutes les couleurs, c'est vrai, mais à l'époque je n'y pensais même pas car c'est toujours après qu'on se souvient, après qu'on fait les stèles et les statues et qu'on pardonne aux êtres comme eux, qui détruisent nos vies mais vous sont si chers malgré tout. (p.48)

C’ét…