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Affichage des articles du avril 11, 2019

Moi, Marthe et les autres, Antoine Wauters

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Voici le temps d’après.
D’après les Événements.
Catastrophe naturelle, nucléaire, conséquence tragique de la situation géopolitique... On ne le saura pas. D’ailleurs, les protagonistes eux-mêmes semblent l’ignorer.
Une seule certitude : Paris, dévasté, est devenu une île. À travers la ville, champ de ruines et de bâtiments décrépis, une tribu de survivants, au nombre desquels Hardy, le narrateur, erre à la recherche de quoi manger parmi les vestiges de l’ancien Macdo, de Gallafayette ou de la Biblioth Natniale et se terre dans l’obscurité de la « grotte », pour échapper à tout danger extérieur.

Du monde d’avant qu’ils n’ont pas connu, ne leur subsistent que quelques reliques comme les Marlbro qu’ils fument, le Coc-Cla ou les antidéprss.
Ce qu’ils en connaissent, de ce monde d’avant les Événements, ils le tiennent des seuls souvenirs du Vioque, un des rares rescapés des temps d’alors. C’est lui qui leur a transmis cette chanson de John Howlidays, qui est aujourd’hui leur hymne. (T…

Si nous vivons c'est uniquement parce que nous ne sommes pas encore morts...

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Pauvres de nous. Depuis combien de temps ne compte-t-on plus les jours ? Depuis combien de temps le monde nous a-t-il été repris ? (p. 14)

Nous avions tout, dit Azzuto. Nous avions trop. Aussi était-il juste de et bon de tout perdre, puis de tout recommencer. Nous étions gros, enchaîne Patrap. Beaucoup trop gros. Obèses. Pourris gâtés. À présent, nous devons tout reprendre à zéro, tout recréer : la vie, l'espoir, et la joie tout au fond de nous. (p. 16)

Nous dormons sur nos morts depuis toujours. Nous les enfouissons dans la terre, les pieds en l'air, la tête en bas, et poussons le plus fort possible pour que leur cœur s'enfonce très loin, où la terre brûle, où la roche fond, où le feu est vivant. Nous pensons qu'avec un peu de chance, la chaleur peut les réanimer. Nous ne pensons pas la vie comme tuée par la mort. Nous pensons que tout peut revenir et l'appelons de nos vœux. De nos espoirs. (pp. 17-18)

Le Vioque, avant, disait que ceux qui avaient survécu à - il ne d…