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Georgia O'Keeffe, A Life, Roxana Robinson

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Plus de 6 mois que je tourne autour de ce billet, ne sachant trop comment m’y prendre pour éviter de vous imposer un ersatz de fiche Wiki...
Et pourtant, je meure d’envie depuis tout ce temps de vous faire (re)découvrir une personnalité hors du commun, au destin passionnant, artiste majeure de la peinture américaine du XXe siècle : Georgia O’Keeffe.

Je vais donc me contenter de rappeler ici les principaux sujets qui me font aimer cette femme à la beauté singulière et magnétique, et partager avec vous quelques passages de la biographie riche et complète que lui a consacrée Roxana Robinson, sobrement intitulée Georgia O’Keeffe, A Life.

C’est passionnant et ça se dévore comme un roman d’amour et d’aventure.
Malheureusement, cette biographie n’a pas été traduite en français. Mais si les grands traits de la personnalité de Georgia O’Keeffe vous parlent, il existe une pléthore d’ouvrage qui lui sont consacrés, ainsi que des documentaires (dont beaucoup disponibles sur le Tube).

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La maison des épreuves, Jason Hrivnak

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La Maison des épreuves, de Jason Hrivnak, ou l’histoire d’un rendez-vous raté entre moi et un livre des plus originaux.

Tout avait pourtant bien commencé.
Le point de départ développé dans le prologue était alléchant : le narrateur apprend que son amie d’enfance, Fiona, qu’il n’a pas revue depuis qu’elle a déménagé quand il avait onze ans, vient de se suicider dans l’école qu’ils fréquentaient à l’époque.
Inséparables, les deux enfants avaient inventé tout un monde imaginaire, le Terrain d'Essai, dédale macabre et pervers où leurs « ennemis » étaient soumis à des épreuves les confrontant à leurs phobies, leurs peurs les plus intimes et leurs désirs les plus enfouis.

À la mémoire de Fiona, à l’adresse de son amie disparue, le narrateur entreprend de composer La Maison des épreuves, texte cathartique, sorte de faux livre-dont-vous-êtes-le-héros, découpé en 3 sections. Je dis "faux" car ici les réponses aux différentes propositions n’influent pas sur la suite du parcours.

Récap de juin 2019

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Keith Haring - Journals (Viking, 1996)
LL de Mars - Henri le lapin à grosses couilles (6 Pieds Sous Terre, 2019/2005)
Michel Tremblay - Vingt-trois secrets bien gardés (Leméac-Actes Sud, 2019)
Philippe Joanny - Comment tout a commencé (Grasset, 2019)
Damian Barr - You will be safe here (Bloomsbury, 2019)
Ocean Vuong - On Earth We're Briefly Gorgeous (Penguin, 2019)

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Mai chagrin annonce parfait juin.
Ce dicton imaginaire résumerait assez bien le mois qui vient de s'écouler. Autant mai aura été décevant sur bien des plans, dont celui des lectures, autant juin aura été réjouissant.

J'ai très bien commencé le mois en compagnie de Keith Haring, ou plus exactement de son journal, au travers duquel j'ai découvert un (jeune) homme réellement attachant et une personnalité solaire qu'il m'aurait plu de rencontrer.

La publication de la couverture de l'album sur la page FB de l'éditeur aura suffi pour que je me rue sur la gentille histoire d…

Les Œuvres de miséricorde, Mathieu Riboulet

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« Je veux serrer dans mes bras le corps d’un de ces hommes dont je ne parle pas la langue, le corps d’un de ces hommes que l’Histoire longuement m’opposa, le corps d’un homme allemand. » (p. 13)

Ni vraiment récit, ni tout à fait essai, encore moins roman, Les Œuvres de miséricorde, de Mathieu Riboulet sont à la fois singulières et inclassables.
Pour ceux qui comme moi ne seraient pas familiers avec le concept, les œuvres de miséricorde sont des actions charitables (7 morales et 7 corporelles) par lesquelles un bon chrétien peut venir en aide à son prochain.
Donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, loger les pèlerins, visiter les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts : les œuvres de miséricorde forment un ensemble d’impératifs moraux édictés par l’Église, censés obliger les chrétiens et peser de leur poids dans la balance du Jugement dernier. Au nombre de sept, comme les péchés capitaux, elles sont comme eux connus…

Ce garçon habillé est déjà nu pour moi, vêtu de mon désir.

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La chemise est au sol. Andreas torse nu devant moi, avec comme un déséquilibre entre les deux épaules, quelque chose de noueux, au centre, qui renferme la force, un tableau peu aimable mais si précisément construit que je redouble d’envie et d’attention. Ce n’est pas un corps d’aujourd’hui mais un corps de peinture, c’est-à-dire un corps de toujours, venu des très vieux temps. L’époque où nous sommes ne consent à les voir que dans les musées, les détaille chez Caravage, les discute chez Greco, sans songer qu’ils venaient de la rue où ils se tiennent toujours, d’autant plus émouvants de revenir à nous dans de telles lumières… (p. 28*)

Je m’étonne parfois d’être le siège de telles interrogations, pour la plupart fruit de l’héritage et non de l’expérience propre, alors que tout autour de moi concourt au paisible endormissement des sens, y compris par l’espèce d’érotisation diffuse qui gagne un terrain chaque jour plus étendu. Il ferait mieux de s’envoyer en l’air tranquillement avec des g…

Everybody's Fool, Richard Russo

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Des cercueils qui refont surface à l’autre bout de la ville, un dangereux cobra qui fait l’école buissonnière, une énigmatique télécommande de garage, un téléphone en connexion directe avec les morts, une odeur nauséabonde qui empeste la ville...
En ce week-end caniculaire du Memorial Day, il s’en passe des choses bizarres dans la petite localité de North Bath, New Jersey, déjà peu gâtée par le sort. Contrairement à Schuyler, sa prospère voisine, Bath n’en finit plus de dépérir, depuis que ses sources thermales se sont taries au siècle précédent. Entre temps, la crise est passée par-là, laissant inachevé le parc d’attraction censé redynamiser l’économie locale. Laissant de même les usines locales et les habitants sur le carreau.

Justement, parlons-en, des habitants. Ils ne sont guère plus reluisants que Bath elle-même.
Si on le cherche, on est sûr de trouver Sully le cul vissé sur un tabouret du bar de Ruth, son ancienne maîtresse. Le septuagénaire, à qui son cardiologue a donné deu…

Wish in one hand and shit in the other. Let me know which fills up first.

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Even carrying the heavy cross, his head crowned with jagged thorns, his palms punctured (a discrete drop of bright red blood on each), Jesus remained serene, and Rub, an anxious child, hoped that when he grew up, he, too, would find such grace in the face of hardship, that his more or less constant longing would yield to tranquil acceptance. Of course this wasn’t to be, and twenty years later when he accidentally punctured his own left palm with a nail gun, he discovered that if you weren’t the Son of God (or at least a distant cousin) serenity in the face of that kind of pain was not an option. (p. 43*)

“Sully’s just jealous,” Carl observed when Wirf went back to reading the sex-addiction article, “because stupidity isn’t classified as a medical condition.”
“Actually, I believe it is,” said Wirf, not looking up.
“But not one worthy of sympathy.”
“No.”
“Or respect.”
“Certainly not.”
Poor Wirf. To Sully’s mind, the world had been less just and true since he left it. Also less fun. “When I’m g…