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Nothing that boy did could justify what happened to him

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Hirsch pointed out, “People everywhere are joining to fight because of the way Emmett Till died—but also because of the way he was forced to live.”

One problem with this social structure was that middle- and lower-class whites tugged and scraped to find a satisfactory place for themselves. Their one undeniable accomplishment, which afforded a social status that could not be denied them, was to be born white. White sharecroppers, the lowest of whom even African Americans quietly dismissed as “poor white trash,” occupied the rungs just above blacks. Laborers and small-time merchants like the Milams and Bryants, who made their living from selling cigarettes and snuff, illegal whiskey, and various snacks and staples, were only marginally higher; their betters derided them as “peckerwoods.”

“Emmett Till was, you know, that sort of a strange phenomenon,” Clarksdale NAACP leader Aaron Henry told an interviewer in 1981. “White folks have been killing black boys all of my life, throwing them in …

De purs hommes, Mohamed Mbougar Sarr

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« Ce n’était qu’un goor jigeen ».
(Littéralement « homme-femme » en wolof. Terme péjoratif pour désigner un homosexuel)

À la fois révulsé et fasciné, le narrateur regarde la vidéo qui circule depuis quelques jours sur internet : une foule déchainée et haineuse en train d’exhumer le cadavre d’un jeune homme qui n’aurait pas sa place dans un cimetière musulman parce que soupçonné d'être homosexuel.
Si le commentaire laconique de Ndéné, en dit long sur  la considération portée aux homosexuels dans la société sénégalaise, la vidéo et le sort réservé au défunt vont peu à peu l’obséder. Qui était cet homme ? Et sa famille ? Pourquoi certains lui refusent-ils de reposer dans la dignité ?

À l’université où Ndéné enseigne la littérature française, son cas, déjà sujet à caution, va se compliquer. Son obstination à enseigner les poèmes de Verlaine, au mépris d'une circulaire ministérielle interdisant aux enseignants de mettre au programme des auteurs suspectés d’homosexualité, va lui co…

Méfiez-vous des personnes qui prétendent ne pas vous juger : elles l'ont déjà fait

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Qu'est-ce qu'au juste qu'une rumeur ? L'illusion d'un secret collectif.

Méfiez-vous des personnes qui prétendent ne pas vous juger : elles l'ont déjà fait, peut-être plus durement que les autres, même quand elles sont sincères, surtout quand elles sont sincères.

Gay : voilà bien le seul linge sale qu’une famille était heureuse et soulagée de laver en public, avec le secours de toutes les mains qui venaient frotter, frotter, frotter jusqu’au sang l’ignoble tache faite sur l’honneur et sauvegarder ce qui leur importait le plus : l’image qu’elles renvoyaient dans le petit ballet d’ombres de nos insignifiantes existences. Personne ne supporte la honte.

Ce sont de purs hommes parce qu'à n'importe quel moment la bêtise humaine peut les tuer, les soumettre à la violence en s'abritant sous un des nombreux masques dévoyés qu'elle utilise pour s'exprimer: culture, religion, pouvoir, richesse, gloire... Les homosexuels sont solidaires de l'humanité pa…

Ça sent le sapin #4

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Noël en février.

Cette année, les circonstances ont fait que je n'avais pas revu ma famille depuis la mi-septembre.
Et entre mi-septembre et début février, il y a... 133 jours exactement... Noël !!!

Comme tous les ans, j'avais envoyé ma lettre au vieux croulant barbu et bedonnant. On n'est jamais trop prudent. Des fois qu'il lui aurait pris l'envie de prendre des libertés et imaginé me faire une surpriiiiiiiiiiiiiiiiiise ! (rien que d'écrire le mot me fait se dresser les poils sur les bras!)

Le week-end dernier, j'ai donc découvert les cadeaux que le Père, la Mère et la Sœur Noël, avaient déposés au pied du sapin. (qui d'ailleurs avait giclé du salon depuis un bon moment déjà)
Et là, Ta-Da !!! J'allais découvrir quels éléments de ma liste avaient eu la faveur des uns et des autres. (et du même coup, quels étaient ceux restés sur le carreau que je pourrais éventuellement sauver moi-même de l’infamie)

Mes parents, inconscients de la gravité de mon ét…

Récap janvier 2019

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Roxana Robinson - Georgia O’Keeffe: A Life (University Press of New England, 1989)
Catherine Castro & Quentin Zuttion - Appelez-moi Nathan (Payot Graphic, 2018)
Warren Ellis - [Transmetropolitan] Année Deux (Vertigo Essentiels, 2014)
Carys Davies - West (Scribner, 2018)

*  *  *  *  *  *  *  * Au risque de me répéter, le premier bilan de cette nouvelle année est des plus simples :
janvier = Georgia

Georgia on my mind

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Janvier touche bientôt à sa fin et je n'aurai pas été très présent ici.
La faute à pas de temps, comme chaque année à la même époque (c'est à peine si j'ai trouvé le temps d'aller voir les uns et les autres sur Facebook, à la pause déjeuner).
J'aurai donc passé mes pauses lecture de janvier plongé dans la passionnante biographie de Roxana Robinson. Georgia O'Keeffe m'aura accompagné tout ce temps, bouffée d'oxygène salutaire dans ces journées de boulot surchargées.

Et c'est avec regrets que je quitte sa compagnie aujourd'hui.
Quelle personnalité ! Quel caractère ! Quel destin ! Une femme forte, indépendante, au port régalien, à la présence magnétique, exigeante en amitié, fidèle à ses convictions, imperméable aux convenances, naturellement féministe, entièrement vouée à son art... jusqu'à se montrer parfois intraitable pour que les choses tournent telles qu'elle le voulait. Bref, une personne telle que j'aurais aimé être.

Je la (O&#…

Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire, Arthur Dreyfus

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Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire Hier, je ne te connaissais pas
Tu jouais aux voitures
Je chassais les pyrales
Sous l'œil de nos mères
Ces plaisirs suffisaient

Aujourd'hui tu me donnes
Ton passé en héritage
Mais si petit, était-ce déjà toi ?
Celui que j'aime, était-il déjà là ?

J'invente dans ta poche un miroir
Pour savoir
Quand commence le trop tard
Où commence le regard

Puis une phrase
Résonne tout le soir
Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire...

*   *   *   *   *   *   *   *   *   *   * Arthur Dreyfus, je ne le connais que de nom. Je me suis intéressé à lui notamment au moment de la parution de ses romans Histoire de ma sexualité et Belle famille, pourtant je ne l'ai encore jamais lu.
Lors d’un passage en librairie, j’ai remarqué un opuscule à la très jolie photo de couverture sur lequel figurait son nom, suivi d’un titre. Je me suis dit que c’était là l’occasion idéale d’aller à la rencontre de l’auteur.
Sauf qu…

Veiller Pascal, Luc Mercure

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Le narrateur, professeur à la retraite, fréquente chaque jour un site gay de discussion. À force de clavarder (j’adore ce terme !) avec Pascal, il finit, en dépit de leurs nombreuses différences, par s’éprendre du jeune trentenaire.
Il y avait bien assez de différences entre deux êtres humains fussent-ils du même sexe pour alimenter la quête insatiable de la différence. [..] Le genre ne constituait pas nécessairement la ressemblance ou la différence la plus fondamentale entre deux êtres et par conséquent l’attirance pour une personne de son sexe n’était pas toujours un désir narcissique plus ou moins déformé.

Mais leur relation naissante n’est pas des plus faciles : Pascal, psychologiquement fragile, se retrouve à l’hôpital suite à une tentative de suicide. Lui rendant visite chaque jour, le narrateur apprend à connaitre cet homme qui peut se montrer subitement aussi désagréable et capricieux qu’il peut être délicieux et charmeur.
Tiraillé entre la perspective d’une ultime relation a…

Le plancher de Joachim, Jacques-Olivier Boudon

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« Heureux mortel. Quand tu me liras, je ne serai plus. »
En 2000, alors que les ouvriers entreprennent la réfection de planchers au château de Picomtal, dans les Hautes-Alpes, ils découvrent des inscriptions au dos de certaines lattes qui font surgir une voix d'outre-tombe.

Cent vingt ans plus tôt déjà, les propriétaires d'alors avaient demandé au menuisier du village de rénover le plancher en leur absence. L’été 1880 et 1881, seul au château, Joachim Martin occupe sa pause déjeuner en écrivant au dos des lattes qu’il remplace la chronique de son village des Crots et de ses habitants.
« Ses écrits forment un témoignage exceptionnel, et ce à plus d’un titre. Leur auteur livre ses pensées, ses réflexions, sans tabou, car il sait qu’il ne sera pas lu, du moins de son vivant. Menuisier, il choisit comme support pour l’écriture de son journal l’envers des planches qu’il est en train de poser dans les diverses pièces du château de Picomtal. Parfois, il écrit même sur les morceau…