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Hold the Dark, William Gilardi

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Chacun de nous a cru, un jour ou l’autre, avoir atteint le trou du cul du monde.  Mais qui n’a jamais mis les pieds à Keelut, Alaska, ne connait pas le trou du cul du monde.
Expert du Canis Lupus et de son comportement, Russell Core a rencontré le succès avec le livre qu’il leur a consacré il y a déjà plusieurs années. C’est même la raison pour laquelle il se retrouve en plein décembre dans ce village coupé du monde, perdu au milieu de nulle part, en pleine toundra enneigée.

Voilà plusieurs semaines, les loups affamés, en quête de nourriture, sont descendus des collines puis y sont retournés, emportant par trois fois avec eux un des enfants du village. Le dernier en date est le petit Bailey, six ans, le fils de Medora Slone.
Cette femme, dont le mari, Vernon, combat dans l’armée américaine quelque part au Moyen-Orient, n’a trouvé que le spécialiste du loup pour lui venir en aide. Si elle n’espère pas retrouver son fils en vie, elle veut au moins récupérer ce qui restera de sa dépouil…

Killing a man can mean more for the killer than it does for the man killed

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Examiners found much of the girl mashed inside the digestive tract. “A goddamn murderer,” the dead child’s parents said of the wolf that robbed her. “A goddamn demon.” But Core knew otherwise. The raider, this marauder, thief in the night—she dared to intrude not because it was her wish but because it was her need. Who was the transgressor here? He wanted to scold these parents, insist on a fine for their wanton camping in a restricted dale, for the plastic trash dumped beside their tent, but he could not. (p. 8*)

He’d seen his daughter only once in the last three years, when she came home the morning after her mother’s stroke. Three crawling years. Life was not short, as people insisted on saying. He’d quit cigarettes and whiskey just before she was born. He wanted to be in health for her and knew then that ten years clipped from his life by drink and smoke were ten years too many. Now he knew those were the worthless years anyway, the silver decade of life, a once-wide vista shrunk t…

« On ne peut pas survivre sans prendre à autrui », Rae DelBianco

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L’an dernier, je disais ici toute mon admiration pour le premier roman d’une jeune auteure : Rough Animals, de Rae DelBianco.
En cette rentrée littéraire, Rough Animals devient À Sang Perdu, publié par Le Seuil. Une nouvelle qui devrait ravir tous ceux et celles qui ont témoigné leur envie folle de découvrir ce livre... et leur frustration de ne pas lire l’anglais !
Cette sortie du roman en France me donne une nouvelle occasion de me réjouir : Rae DelBianco a très gentiment accepté de m’accorder un entretien. Inutile de vous dire combien je suis flatté de ce privilège que je suis ravi de partager avec vous. (à toutes fins utiles, pour toutes celles et ceux qui n me connaîtraient pas suffisamment bien, je précise que cet entretien a été mené à ma propre initiative sans passer par la maison d'édition et qu'il ne s'agit donc aucunement d'une quelconque action commerciale)
Avant de vous laisser en compagnie de Rae DelBianco, je voulais préciser que si certaines tournures …

Récap d'août 2019

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Joseph Ponthus - À la ligne, Feuillets d'usine (La Table Ronde, 2019)
Anne Griffin - When All is Said (Thomas Dunne Books, 2019)
Colson Whitehead - The Nickel Boys (Doubleday, 2019)
Stéphane Olivié-Bisson - Max (Cambourakis, 2019)
Patricia Emsens - Histoires d'un Massacre (Les Busclats, 2019)
Arnaud Cathrine - J'entends des regards que vous croyez muets (Verticales, 2019

*   *   *   *   *   *   *   * Août n'a finalement pas été aussi insupportable qu'il s'était annoncé.
Pas de coup de cœur au tableau, mais un haut-le-cœur comme j'ai rarement connu.
Toutefois, dans l'ensemble, ce furent d'agréables lectures, de bons moments passés en compagnie d'auteurs que je ne connaissais pas pour la plupart.

D'heureux hasards aussi.
Et une très belle surprise qu'il me tarde de partager avec vous.
(pas d'affolement dans les chaumières, je n'attends pas d'heureux événement!)


Journals, Keith Haring

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Figure phare de l’art des années 80/90, Keith Haring est un artiste qui m’a accompagné, de plus ou moins loin, toute ma période de jeune adulte.
Ses formes, ses symboles, ses personnages, reconnaissables entre mille, véhiculaient des messages qui me parlaient, souvent dédramatisés par leurs couleurs vives. Ses airs d’oisillon tombé du nid, ses cheveux blonds hirsutes cachant mal sa calvitie avancée, ses grands yeux étonnés derrière ses grosses lunettes... me l’ont rendu sympathique au premier regard.
Quand ses Journals ont été publiés outre-Atlantique, je me suis promis de les lire... un jour. (éternel refrain !) Sans que je sache pourquoi, ce jour est arrivé en juin dernier, alors que le bouquin attendait son tour depuis tant d'années.

Ces fameux Journals sont en fait la compilation de plusieurs carnets, dont on retrouve les scans originaux sur un site dédié, dans lesquels Keith Haring a tenu son carnet de bord, de 1977 à 1989, avec plus ou moins de régularité.
Les lecteurs qui …

It’s not an easy time to be alive, and maybe an even more difficult time to die

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Courants d'artThrough all the shit, shines the small ray of hope that lives in the common sense of the few. The music, dance, theatre, and the visual arts; the forms of expression, the arts of hope. This is where I think I fit in.
– Memorial Day 1977 (p. 45*)

No artists are parts of a movement. Unless they are followers. And then they are unnecessary and doing unnecessary art.
– October 14, 1978 (p. 49*)


I love to paint. And you can see it in the work.
I don’t care if it is a painting/drawing/sculpture performance.
I don’t care if you don’t like it.
I don’t care of the paper is wrinkled, torn.
I don’t care if somebody walked across it and got dirt on it.
I don’t care if the lines vary and there are drips and splatters.
I don’t care if I don’t paint on it.
If I don’t care about all of the lesser elements of the painting; if it is not regarded as “sacred” and “valuable,” then I can paint, without inhibition, and experience the interaction of line and shapes. I can paint spontaneously without…