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Le blogging, vu des cuisines

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« Pas forcément besoin d’être original pour être intéressant », paraît-il...
Même si j'en doute, je ne ferai pas faux bond à Cuné qui a eu la gentillesse de penser à moi pour le tag Les coulisses du critique, initié par Le Chien Critique.
Voici donc les cuisines du blogging selon The Autist Reading. N’espérez pas à y trouver des révélations, des pratiques singulières. À quelques détails près, j'ai bien peur de procéder comme la plupart d’entre vous.

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Avis, Critique, Recension et/ou Ressenti ?
Ni critique, ni recension, je n’ai pas le bagage nécessaire pour cela. Un simple avis mâtiné de ressenti, que je m’efforce d’argumenter le plus possible de façon à éclairer le lecteur sur les raisons qui m’ont fait aimer ou pas le livre dont je parle (et je peux vous assurer que ce n’est pas chose aisée quand on est alexithymique !).
De simples « j’ai pas aimé » ou « j’ai adooooooré » ne me sont d’aucune utilité (c’est un peu court, jeune homme/fille !) si on ne m’en expliq…

Chambre simple, Jérôme Lambert (L'Iconoclaste, 2018)

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Jérôme Lambert est un de ces auteurs français dont on n’entend rarement parler dans les médias, et malheureusement pas beaucoup plus sur les blogs (ceux que je suis fidèlement, en tout cas). C’est bien dommage et j’espère que la parution de son nouveau roman va changer un peu la donne.
C’est via la littérature jeunesse que j’ai fait connaissance avec Jérôme Lambert, avec le magnifique  Tous les garçons et les filles (L'École des Loisirs). Puis j’ai poursuivi, avec La Mémoire neuve (L'Olivier) peu de temps après. J’ai lu d’autres de ses titres jeunesse, en attendant la parution de Finn Prescott(échangé un peu plus tard contre La Cinquième Saison, recueil dans lequel était publiée une de ses nouvelles #mylife).

Il aura fallu patienter onze ans pour retrouver Jérôme Lambert chez les « adultes ». C’est par un post Facebook sur la page des éditions L’Iconoclaste que j’ai appris la sortie de Chambre simple.
Bien évidemment, je me suis précipité sur ce nouveau roman.... que je n’ai …

« Les questions dont nous connaissons les réponses sont confortables et inutiles ; elles ne nous apprennent rien sur nous-mêmes »

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Tant que je ne réponds pas, j’ai le pouvoir. Une fois que la réponse passera de leur côté, ils décideront, je n’aurai plus voix au chapitre, je serai passif, je ne serai plus rien. (p. 13)

Y a pas de diplôme pour écouter les gens. Faut juste savoir où poser sa main. (p. 20)

Je sais que ma main peut calmer tes spasmes et que mes lèvres sur ton front forment un sceau d’apaisement. Tu dis que ça marche et que je suis utile, que je fais des miracles quand tu es malade, mais tu n'es pas ici pour une grippe et j’ai perdu mes pouvoirs. Si je pouvais, je te le foutrais en perfusion, mon amour. (p. 33)

La morphine fait un effet unique, comparable à nulle autre molécule. En intraveineuse ou en intramusculaire, la montée est folle, on les voit partir direct et je ne me lasse jamais quand leur visage crispé se détend enfin. Plus de rides, plus de tensions, plus de larmes, plus de dents qui grincent ni de coup de poing dans le mur. Ils perdent dix ans d’âge en trois secondes, le masque figé fond …

Jamais , Bruno Duhamel (Bamboo, 2018)

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Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages... ni Madeleine pour un pigeon !
Ce n’est certainement pas à son âge, 95 ans bien sonnés, qu’on va l’obliger à quitter sa maison qui abrite tous les souvenirs d’une vie... sans oublier son chat Balthazar.
Et ce n’est pas l’érosion galopante de la falaise qui menace à tout instant de précipiter sa maison dans le vide qui va changer quoi que ce soit à sa décision ! C’est qu’elle est têtue, la Madeleine... et accessoirement aveugle de naissance, aussi.
Est-ce par pure bonté d’âme et dans l’intérêt de la vieille dame que le maire veut qu’elle déménage à la maison de retraite des Hortensias ? À moins que ce soit pour sauver ses fesses et s’exonérer de toute responsabilité dans l'éventualité d'un désastre qui serait fatal au renouvellement de son mandat ?

« Il va falloir redessiner toutes les cartes IGN ! » 


Avec son petit village normand de Trousmenil et son irréductible mamie, Bruno Duhamel rend un bel hommage à As…

Alias Ali, de Frédéric Roux (Fayard, 2013)

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Vole comme un papillon, pique comme une abeille.

Par quels détours ce roman a-t-il atterri dans ma liseuse ? Je n’en ai plus aucune idée.
Je ne connaissais pas l’auteur (enfin, ce n’est pas tout à fait vrai puisque depuis j’ai vérifié sa bibliographie et je me suis souvenu avoir beaucoup entendu parler de L'hiver indien) et je ne m’intéresse pas particulièrement au monde de la boxe.
En fait de roman, il s’agit plutôt ici d’une biographie de « The Greatest », mais d’une biographie au style bien particulier : Frédéric Roux a sélectionné dans les archives des extraits d’articles, d’interviews, de commentaires radiotélévisés... qu’il a ensuite assemblés chronologiquement pour dresser le portrait de ce champion hors catégorie figure légendaire tout autant adulée que controversée.
Défilent ainsi les intimes du boxeur, ses amis, sa famille, ses coaches, ses adversaires, les journalistes, les politiques, les célébrités... toutes les personnes que le champion du monde poids lourds a crois…

« Le Père Noël n’existait donc pas. Nous avions été jeunes et nous étions vieux » - Bert Randolph Sugar

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Récap mai 2018

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Desmond Hogan - The House of Mourning and other stories (Dalkey Archive Press, 2013)[jusque la nouvelle "Shelter" non incluse] Gwénola Morizur & Marie Duvoisin - Nos embellies (Bamboo, 2018) Emily Ruskovich - Idaho (Gallmeister, 2018) Jean Berthier - 1144 livres  (Robert Laffont, 2018)
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Nombre de lectures inversement proportionnel à celui des jours fériés et chômés dans le mois !

Après un mois d'avril généreux, mai est pitoyable : deux romans, une BD et un recueil de nouvelles lu à moitié (les fériés et autres ponts ne portent malheureusement toute la responsabilité de ce désastreux bilan).
Et dire que j’avais envisagé, une milliseconde, participer au challenge de Marie-Claude !

Retour à Reims. Une théorie du sujet, Didier Eribon (Fayard, 2009)

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Quand j’ai eu terminé Y revenir, de Dominique Ané, je me suis souvenu que trainait dans ma PAL depuis pas mal de temps, un autre livre au sujet similaire : Retour à Reims, de Didier Eribon. Ne sachant pas trop ce qui m’avait retenu jusque-là de le lire, j’ai décidé de le sortir de son purgatoire palesque.

Et là, quel choc !!!!
Déjà, il ne s’agit pas d’une seule évocation autobiographique comme je m’y attendais. Si Eribon part de son expérience personnelle, son livre tient plus de l’essai sociologique, voire politique, théorisant sur le déterminisme social et la supposée égalité des chances, ou comment la domination de classe sociale s’exprime tant dans l’éducation que dans la politique et influe sur des parcours de vie que l’on pouvait penser sciemment choisis.
Ensuite, j’ai trouvé ce livre extrêmement dérangeant en cela que mon parcours a pas mal de points communs avec celui de l’auteur (même génération, homosexuels tous les deux,  j’ai passé mes 24 premières années à Reims dans un …

« Un livre peut revêtir une grande signification avant même qu'on l'ait lu... il suffit que l'on sache qu'il a compté pour d'autres dont on se sent proche »

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Dans les premiers temps de mon installation à Paris, quand je continuais de voir mes parents, qui habitaient toujours à Reims, [...] une gêne difficile à cerner et à décrire s'emparait de moi devant des façons de parler et des manières d'être si différentes de celles des milieux dans lesquels j'évoluais désormais, devant des préoccupations si éloignées des miennes, devant des propos où un racisme primaire et obsessionnel se donnait libre cours dans chaque conversation, sans que l'on sache très bien pourquoi ou comment tout sujet abordé, quel qu'il soit, y ramenait inéluctablement etc. Cela s'apparentait pour moi à une corvée, de plus en plus pénible à mesure que je me changeais en quelqu'un d'autre.

Si le capital social dont on dispose c'est d'abord l'ensemble des relations familiales que l'on entretient et que l'on peut mobiliser, je pourrais dire que ma trajectoire - et les ruptures qu'elle entraînait - me dotait non seulement d…