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Affichage des articles du mars 28, 2019

Au bois dormant, Marie Desplechin & Thierry Thieû Niang

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Au centre de la salle mise à disposition par l’hôpital d’Aix-en-Provence, le chorégraphe et danseur Thierry Thieû Niang et l’un des quatre adolescents autistes non-verbaux qui participent à ses ateliers d’improvisation.
Assise dos au mur à l'autre bout de la salle, se faisant oublier du mieux qu’elle peut, Marie Desplechin assiste à ce qui se déroule sous ses yeux : deux personnes qui s’apprivoisent, jour après jour ; un neurotypique qui cherche à entrer en contact avec un autiste; un adulte qui laisse un ado venir à lui en toute liberté, à son rythme, selon son envie; deux êtres humains qui tentent de construire une passerelle, de trouver un point de rencontre par la danse et l’expression corporelle.
Parfois, rien ne se produit de toute l’heure. Parfois, il n’en sort qu’un geste infime, un sourire à peine esquissé, qui sont déjà des petites victoires. Parfois aussi, la magie opère, le miracle s’accomplit en une danse qui laisse dire au corps tous les mots qui ne peuvent être exp…

Ce n’est pas n’importe quel rien, ce rien-là.

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Marie DesplechinIls recevaient ses gestes comme autant de d’hommages inquiets à la toute-puissance de leur malheur. (p. 8)

J’ai pensé que la danse était peut-être l’ambassade la plus intelligente pour établir des passerelles entre les mondes, entre le monde des enfants, de Mathieu et d’Arnaud par exemple, et le nôtre, celui de Thierry et le mien par exemple. (p. 9)

Tu entres dans la salle de répétition, Mathieu.
Je peux te voir, je peux te parler, je peux te toucher et je sais que rien n’arrivera de moi jusqu’à toi. Rien du bruit.
Ce n’est pas n’importe quel rien, ce rien-là.
C’est le « rien » qui précède le presque qui annonce le peu qui devance le petit. C’est le possible, le peut-être, le va savoir.
C’est le « rien »qui nous garde de l’espoir, comme du désespoir.
Le « rien » tout blanc où se construisent les rêves. (p.  23)

Je me souviens que je voulais le prendre dans mes bras et m’allonger contre lui, l’envelopper, le protéger et lui faire un rempart de mon corps.
Je voulais en partant lu…