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Affichage des articles du juin 17, 2019

Fahrenheit 451, Ray Bradbury

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« C'est vrai qu'autrefois les pompiers éteignaient le feu au lieu de l'allumer ? »

Dans la société futuriste imaginée par Ray Bradbury, rien n’a changé : les pompiers ont toujours pour mission de protéger les citoyens. Si, plutôt que de lutter contre les incendies, ils embrasent les livres et les habitations qui les dissimulent, c’est toujours pour préserver la sécurité de la population, la mettre à l’abri de tout questionnement, de toute réflexion, susceptibles de menacer leur tranquillité d'esprit... et surtout la stabilité du régime en place.
Totalitaire, le régime.
Bien sûr.

L’heure n’est plus au libre-arbitre, à la remise en question. Place à la pensée unique, au prêt-à-penser. On ne réfléchit plus, on se divertit, on jouit .
À la lecture, prohibée par la loi, sont substitués les amusements en tout genre, les flots d’images ininterrompus et les sagas télévisées les plus abrutissantes. Plus question de flâner dans les rues ou d’échanger à la terrasse d’un café : on…

Il doit y avoir quelque chose dans les livres, des choses que nous ne pouvons pas imaginer

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Une cascade de livres s’abattit sur Montag tandis qu’il gravissait, parcouru de frissons, l’escalier en pente raide. Quelle plaie ! Jusque-là, ça n’avait jamais été plus compliqué que de moucher une chandelle. La police arrivait d’abord, bâillonnait la victime au ruban adhésif et l’embarquait pieds et poings liés dans ses coccinelles étincelantes, de sorte qu’en arrivant on trouvait une maison vide. On ne faisait de mal à personne, on ne faisait du mal qu’aux choses. Et comme on ne pouvait pas vraiment faire du mal aux choses, comme les choses ne sentent rien, ne poussent ni cris ni gémissements, contrairement à cette femme qui risquait de se mettre à hurler et à se plaindre, rien ne venait tourmenter votre conscience par la suite. Ce n’était que du nettoyage. Du gardiennage, pour l’essentiel. Chaque chose à sa place. Par ici le pétrole ! Qui a une allumette ? (p. 41*)

Les livres gisaient comme des monceaux de poissons mis à sécher. Les hommes dansaient, glissaient et tombaient dessus.…