Henri, le lapin à grosses couilles, L.L. de mars


À Rebonville, Henri n’est pas à la fête.
Tandis que les autres s’amusent, lui se morfond tout seul.
Contrairement à tous les lapins de la ville, il ne peut pas courir et bondir, aller danser, prendre le taxi. La faute à une hypertrophie de ses testicules... qui lui vaut une avalanche de moqueries de la part de ses congénères.
Mais tout va changer le jour où ses flotteurs hors du commun vont l’aider à sauver la jolie Héliette Rabinovitch de la noyade. Il va découvrir enfin la popularité... et l’amour !
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Un visuel de la couverture de cet album posté sur FB par l’éditeur et j’étais ferré. La dichotomie entre l’innocence de l’illustration et la verdeur du titre était irrésistible. (je ne vous étonnerai certainement pas si je vous avoue que j’ai immédiatement pensé à Jérôme)
L’éditeur, 6 Pieds Sous Terre (qui publie aussi Fabcaro), présente Henri, le lapin à grosses couilles comme « un faux vrai livre pour enfants (et non l’inverse) ».
Et en dépit de l’air effaré de la libraire à laquelle je me suis adressé et du classement de l’album au rayon "adultes", je pense qu’il serait vraiment dommage de réserver ce petit album décalé aux adultes. Je le placerais dans la lignée des albums "coquins", dont les thématiques (prout, caca, boudin, oh il a dit un gros mot !) font pouffer les petits, comme la fameuse Petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, ou encore la série des Crotte, Pipi, Prout...

Ici, le subversif ne repose que dans le titre (et dans toutes les déclinaisons de l’objet du délit)... Bon, d’accord, et aussi dans la nature de l’accident qui a handicapé la pauvre Héliette.
Mais on est dans la pure tradition du conte, du « Il était une fois... » avec morale à la clé, ici la tolérance et l’acceptation des différences.
Personnellement, plutôt qu’un pastiche de littérature enfantine, j’y vois une version bourrée d’humour, revisitée pour les enfants d’aujourd’hui, moins niaise et plus ancrée dans la réalité. J’y vois surtout l’occasion pour un parent, et peut-être plus encore un grand-parent, de partager un moment de complicité espiègle avec l’enfant.
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Lors de mes recherches pour savoir qui était L.L. de Mars, a.k.a. Le Lièvre de Mars, j’ai découvert un artiste pluridisciplinaire touchant aussi bien à l’illustration, qu’à l’écriture, la peinture ou la musique contemporaine. Son site, Le Terrier, donne un riche aperçu de l’étendue de sa palette. Il présente aussi une version on-line de l’histoire d’Henri (initialement publiée en 2005 et ré-éditée cette année)

Mais surtout – surtout - j’ai appris qu’à l’origine L.L. de Mars a écrit cette histoire pour son fils de 5 ans. Donc, n’hésitez plus à proposer cette histoire rigolote aux enfants... à moins que votre objectif soit d’en faire de futurs adultes bien-pensants, virtuoses du politiquement correct.

Et maintenant, « un p'tit suppo, et au dodo ! »

 L.L. de Mars - Henri, le lapin à grosses couilles (6 Pieds Sous Terre, 2019/2005)

Commentaires

  1. Bon, un partout alors, parce que moi non plus, je ne pensais te lire sur ce genre de livre. Comme quoi, tu as raison, il est bon de réserver des suprises

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    1. Ah, les vieux couples, c'est un travail de tous les jours ;D

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  2. Ohlala mais moi j'adore ce genre de livres audacieux, malicieux, un peu délire mais les pieds sur terre, où adultes et enfants peuvent y trouver leur compte. Je vais aller le demander en librairie tiens !

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    1. J'espère que ta/ton libraire ne te regardera pas avec des yeux effarés comme si tu te présentais à lui/elle en tenue d’Ève.
      Si tu en fais profiter les jeunes enfants autour de toi, je serais curieux que tu nous racontes leurs réactions !

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  3. Je l'ai repéré celui-là, tu penses bien. Sur le principe ça me rappelle un peu Bambou, le petit cerf psychopathe dessiné aux crayons de couleur par Gaël Almeras. Sauf que ce n'était pas une franche réussite ce Bambou^^

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    1. Je ne connais pas psycho Bambou, mais si tu me dis que sa fréquentation peut-être facilement évitée, je vais me contenter de ce cousin bien doté de Pan-Pan (dans le...) ! :D

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  4. Je me vois bien l'offrir aux parents de mon petit-fils. A eux de juger s'ils veulent le faire découvrir à leur fils. (mais pas tout de suite, il n'a pas deux ans). J'adore le titre :-)

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    1. Justement, qu'ils en profitent : à deux ans, j'imagine qu'il ne sait pas encore lire. Donc, il se régalera des jolies illustrations, sans se douter de ce que lui réservera le texte dans quelques années :D !!!!

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