Chambre simple, Jérôme Lambert (L'Iconoclaste, 2018)



Jérôme Lambert est un de ces auteurs français dont on n’entend rarement parler dans les médias, et malheureusement pas beaucoup plus sur les blogs (ceux que je suis fidèlement, en tout cas). C’est bien dommage et j’espère que la parution de son nouveau roman va changer un peu la donne.
C’est via la littérature jeunesse que j’ai fait connaissance avec Jérôme Lambert, avec le magnifique  Tous les garçons et les filles (L'École des Loisirs). Puis j’ai poursuivi, avec La Mémoire neuve (L'Olivier) peu de temps après. J’ai lu d’autres de ses titres jeunesse, en attendant la parution de Finn Prescott (échangé un peu plus tard contre La Cinquième Saison, recueil dans lequel était publiée une de ses nouvelles #mylife).

Il aura fallu patienter onze ans pour retrouver Jérôme Lambert chez les « adultes ». C’est par un post Facebook sur la page des éditions L’Iconoclaste que j’ai appris la sortie de Chambre simple.
Bien évidemment, je me suis précipité sur ce nouveau roman.... que je n’ai acheté que sur le seul nom de l’auteur car le décor du livre est de ceux que je fuis le plus possible : le monde médical et l’univers des hôpitaux. Depuis tout petit, je trempe suffisamment dans ce milieu pour avoir envie de m’y replonger à mes heures perdues.
Et pourtant, j’ai lu ce roman d’une traite (certes il est relativement bref) et en suis ressorti émotionnellement chaviré.

Après qu’une nouvelle crise d’épilepsie l’a fauché dans la rue, « le patient », dont on ne connaitra le prénom qu’à la toute fin du roman, est immobilisé dans son lit d’hôpital. Au cœur de la machine hospitalière, dans une atmosphère froide et aseptisée, il se retrouve dépouillé de sa pudeur, de son autonomie, livré au seul rythme de l’équipe soignante. Dans sa chambre, défilent l’équipe soignante, son amant et même un compagnon d’infortune avec lequel il partage des pauses clopes. Tour à tour, chacun va prendre la parole...

Pénurie chronique de personnel, restrictions budgétaires, politique du rendement corrompent un hôpital de plus en plus déshumanisé et paradoxalement... de moins en moins hospitalier. Pourtant, si les soignants ont suivi cette carrière par conviction (je peux témoigner que parler de sacerdoce n’est pas qu’un cliché), la réalité de l’hôpital est tout autre et les poussent à se remettre en question, à s’interroger sur leur rôle, leur mission, la teneur même de leur métier d’infirmier/ère et d’aides-soignant(e)s.
Dans ce roman choral, qui est aussi celui de la fin d’un amour, Jérôme Lambert rend toute son humanité à l’hôpital. Avec justesse et sensibilité, il donne voix aux questionnements, angoisses et souffrances et espoirs de chacun : patients, visiteurs et soignants.

Extraits

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« Ce roman sensible extrêmement poignant interroge le lecteur sur le rapport temps/maladie « Que peut-on avoir de si urgent à faire quand on est en bonne santé ? » ainsi que sur le rapport amour/temps/maladie : ne pas avoir le temps d’aimer sereinement : la maladie apporte l’urgence d’aimer, de ressentir, de désirer. » Agathe The Book


Commentaires

  1. Ce billet m'intrigue au plus haut point. Je ne connais pas du tout l'auteur.

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    1. Jérôme Lambert ne publie pas beaucoup, encore moins en "adultes" qu'en "jeunesse"; par conséquent, il n'est pas omniprésent dans les médias, comme certains autres auteurs, pas forcément meilleurs que lui d'ailleurs, peuvent l'être.
      Pour te faire une idée plus précise du roman, le premier chapitre (où se font entendre plusieurs voix) est disponible ici.

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  2. Ben écoute, tu es convaincant. Pas à la bibli, mais Tous les garçons et les filles, si (noté)

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    1. Mais que fait ta bibli ?! Touche leur en un mot. Peut-être que le roman est passé à travers leurs filets mais qu'il pourrait trouver sa place dans les rayons ? (d'autant que l'auteur est déjà répertorié chez eux).

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  3. Je me réjouis de l'avoir sur mes étagères, surtout s'il t'a émotionnellement chaviré...!

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    1. Je te souhaite d'y être aussi sensible que moi. J'espère en lire la confirmation bientôt :-D

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